Le projet de devenir vétérinaire implique un engagement de six années ou davantage, mais aussi un budget qu’il vaut mieux calculer dès le départ. Entre les droits de scolarité, le logement, le matériel, les déplacements et les stages, le prix réel des études vétérinaires varie fortement selon l’école et la situation familiale. Je vous donne ici les montants à prévoir en France, les différences entre public et privé, ainsi que les solutions pour financer votre parcours.
Le coût dépend surtout du choix entre école publique et école privée
- Écoles publiques : environ 17 742 € de frais de scolarité et de CVEC sur six ans, hors vie courante.
- UniLaSalle Rouen : près de 99 600 € de scolarité sur six ans aux tarifs 2025-2026.
- Budget de vie : prévoyez généralement 650 à 1 100 € par mois, davantage à Maisons-Alfort ou dans les grandes villes.
- Frais cachés : matériel, assurance, déplacements, stages et mobilité internationale peuvent ajouter plusieurs centaines d’euros par an.
- Aides possibles : bourse sur critères sociaux, logement Crous, APL ou ALS, exonérations et dispositifs propres aux écoles.
Quel est le prix des études vétérinaires en France
En France, les quatre écoles nationales vétérinaires sont publiques. Pour l’année universitaire 2025-2026, les droits de scolarité s’élèvent à 2 852 € par an, selon les montants relayés par l’Onisep. La CVEC, contribution de vie étudiante et de campus, ajoute 105 € par an pour les étudiants concernés.
Sur un parcours post-bac de six ans, cela représente environ 17 112 € de scolarité, auxquels peuvent s’ajouter 630 € de CVEC. Le total théorique atteint donc près de 17 742 €, sans compter le logement, les repas, les transports ni le matériel.
| Poste | Montant indicatif | Sur six ans |
|---|---|---|
| Droits de scolarité en ENV | 2 852 € par an | 17 112 € |
| CVEC | 105 € par an | 630 € |
| Total administratif estimatif | 2 957 € par an | 17 742 € |
Les étudiants boursiers peuvent bénéficier de la gratuité des droits de scolarité dans les écoles publiques et, selon leur situation, d’une exonération de la CVEC. Le montant exact dépend toutefois de l’année d’inscription, du statut de l’étudiant et des décisions réglementaires en vigueur.
Le parcours d’accès a également un impact. Une admission après une classe préparatoire, une licence ou un BUT peut réduire la durée passée en école vétérinaire, mais il faut alors intégrer le coût des années précédentes à l’université ou en prépa. Un cursus moins cher sur le papier n’est donc pas toujours moins coûteux au total.
Public ou privé, une différence de budget considérable
La principale différence financière se trouve entre les écoles nationales vétérinaires et UniLaSalle Rouen, la seule école vétérinaire privée française. Pour 2025-2026, les frais annoncés sont de 14 300 € par an pendant les trois premières années, puis de 18 900 € par an pendant les trois suivantes.
| Parcours | Frais annuels | Frais de scolarité sur six ans |
|---|---|---|
| École nationale vétérinaire | 2 852 € | Environ 17 112 € |
| UniLaSalle, années 1 à 3 | 14 300 € | 42 900 € |
| UniLaSalle, années 4 à 6 | 18 900 € | 56 700 € |
| UniLaSalle, six années | Montant variable | Environ 99 600 € |
À ce niveau de différence, le choix ne se résume pas à comparer deux brochures. L’écart entre les deux parcours dépasse 82 000 € de frais de scolarité sur six ans, avant même d’ajouter le logement et les dépenses quotidiennes.
Le privé peut néanmoins répondre à une stratégie différente, notamment pour les candidats qui souhaitent une admission post-bac avec un mode de sélection propre à l’établissement. Je conseille toutefois de comparer attentivement le diplôme, les conditions d’admission, les aides réellement accessibles et le coût total, plutôt que de regarder uniquement le montant annuel.
Les dépenses qui s’ajoutent aux frais de scolarité
Les droits d’inscription ne représentent qu’une partie du budget. Dans la pratique, le logement est souvent le premier poste de dépense, surtout lorsque l’étudiant doit déménager pour rejoindre Alfort, Lyon, Nantes, Toulouse ou Rouen.
| Poste de dépense | Budget mensuel ou annuel prudent | Ce qui fait varier le montant |
|---|---|---|
| Logement | 250 à 700 € par mois | Ville, résidence Crous, studio privé, colocation |
| Alimentation | 200 à 350 € par mois | Repas Crous, cuisine maison, restauration extérieure |
| Transports | 30 à 100 € par mois | Abonnement local, trajets vers les stages, voiture |
| Matériel et assurance | 300 à 800 € par an | Blouse, chaussures, instruments, ordinateur, responsabilité civile |
| Stages et mobilité | Variable, souvent plusieurs centaines d’euros | Distance, hébergement, transport, séjour à l’étranger |
Pour établir un budget réaliste, je recommande de prévoir environ 650 à 1 100 € par mois pour la vie courante. À Paris ou dans les zones où le logement est tendu, le montant peut être plus élevé. Une chambre Crous ou une colocation peut au contraire réduire fortement la facture.
Le matériel est parfois sous-estimé. Une blouse, des chaussures adaptées, un stéthoscope, des vêtements de terrain, un ordinateur et les déplacements vers les lieux de stage forment une enveloppe qui revient régulièrement. Ce ne sont pas toujours de grosses dépenses isolées, mais leur accumulation peut peser sur une année universitaire.
La mobilité internationale mérite aussi une ligne séparée. Une période à l’étranger peut être obligatoire dans le cursus et entraîner des dépenses de transport, d’assurance ou d’hébergement. Les aides à la mobilité existent, mais elles ne couvrent pas systématiquement l’intégralité du séjour.
Quelles aides peuvent réduire la facture
La première démarche consiste à remplir le Dossier social étudiant dans les délais. Il permet d’examiner les droits à la bourse sur critères sociaux et au logement Crous. Service-Public recense également les aides ponctuelles, les allocations annuelles et les dispositifs de mobilité destinés aux étudiants en difficulté financière.
- Bourse sur critères sociaux : elle peut réduire ou supprimer les droits de scolarité dans le public et apporte une aide mensuelle.
- Logement Crous : son coût est souvent inférieur à celui d’un studio privé, avec des aides au logement possibles.
- APL ou ALS : elles peuvent alléger le loyer selon le logement et la situation personnelle.
- Aides propres aux écoles : certaines fondations proposent des bourses au mérite, des prêts d’honneur ou des réductions.
: il peut compléter un financement, mais doit être calculé à partir d’un plan de remboursement réaliste.
Dans le privé, il faut demander un échéancier complet avant toute inscription. Vérifiez les frais de campus, les frais de dossier, les conditions de renouvellement des bourses et les conséquences d’un redoublement. Une aide annoncée pour la première année ne garantit pas forcément le même niveau de prise en charge jusqu’au diplôme.
Je déconseille aussi de compter sur un emploi étudiant régulier pour financer une grande partie du cursus. Les études vétérinaires comportent beaucoup de travaux pratiques, de révisions et de stages. Un emploi ponctuel peut aider, mais un volume horaire important risque de fragiliser les résultats et de retarder le parcours.
Comment construire un budget fiable avant de candidater
Je conseille de bâtir trois scénarios plutôt qu’un seul. Le premier correspond à une vie en résidence ou en colocation, le deuxième à un studio dans une ville moyenne et le troisième à une installation plus coûteuse, avec voiture et déplacements fréquents.
- Notez les frais de formation sur toute la durée prévue, et non uniquement la première année.
- Ajoutez douze mois de dépenses courantes par année, même si certaines périodes sont passées chez vos parents.
- Prévoyez une réserve de 1 000 à 2 000 € pour les urgences, déménagements, réparations ou stages éloignés.
- Déduisez les ressources certaines comme la bourse, l’aide familiale, les allocations logement ou un revenu garanti.
- Ne comptez pas les aides incertaines tant que leur montant et leurs conditions ne sont pas confirmés.
Pour un étudiant en école publique, un budget global de six ans peut facilement atteindre 65 000 à 105 000 € en incluant la vie courante, selon le logement et le mode de vie. La scolarité reste relativement accessible, mais le coût quotidien devient important sur une formation longue.
Dans le privé, le total peut dépasser 150 000 € sur six ans une fois ajoutés les frais de scolarité, le logement, l’alimentation et les déplacements. Cette estimation n’est pas une facture officielle, mais elle donne un ordre de grandeur utile pour mesurer l’engagement financier réel.
Le bon calcul à faire avant de choisir son école
Le prix des études vétérinaires ne doit pas être évalué uniquement à partir des droits d’inscription. Le vrai budget combine frais de formation, durée du cursus, logement, mobilité et ressources disponibles.
Pour les familles qui ont le choix, l’école publique offre un avantage financier majeur. Pour les autres candidats, le privé peut rester envisageable à condition de sécuriser très tôt les bourses, les aides internes et le financement des six années.
Mon conseil est simple. Demandez à chaque établissement une estimation écrite du coût annuel, ajoutez vos dépenses de vie réelles et gardez une marge pour les imprévus. Un budget transparent permet de se concentrer sur la formation et d’éviter qu’une difficulté financière ne compromette un projet professionnel construit sur plusieurs années.